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Le Passais dans sa partie mayennaise

 

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Le Passais (étymologie "passus" passage)

Cet ancien archidiaconné - le plus au nord de l'ancien diocèse du Mans - avait comme capitale Domfront en Passais. Une foire très célèbre s'y tenait chaque veille de Noel, depuis l'an 1375, attirant toute la contrée et plus loin encore. Ce promontoir rocheux (215m.) se dressait avec son fier château sur un pays de fruitiers (poiriers et pommiers) qui s'étalait au sud : le Passais. Il se déroulait à perte de vue, s'inscrivant profondément dans notre Mayenne actuelle.

Le Mont Margantin (presque 300 m.) est le plus haut point de cette région de collines entre Normandie, Anjou, Maine et Bretagne. Entourée d'un arc naturel de forêts, région où les restes du massif armoricain et les rivières ont fait alterner ce pays de bocage avec de verdoyantes vallées encaissées.

Dès le VIe s., de saints ermites sont envoyés par St Innocent évêque du Mans. Ils fondent leurs ermitages et les îlots de christianisation s'étendent. La superposition matérielle (chapelles et autels remplaçant les anciens lieux de cultes gallo-romains ou celtiques) a probablement permis le glissement des attributions symboliques et fonctions des anciennes divinités des sources et des bois. Elles ont été reportées en une myriade de croyances à travers des cérémonies et des dévotions pieuses concernant ces Saints du Passais (l'ermite, "magicien du nouvel âge, il renverse le pouvoir des druides, il prévoit l'avenir, il commande à la nature"Olivier Loyer , Les Chrétientés celtiques, Rennes, Terre de Brume éditions, 1993). Ainsi, St Ernier ermite de Céaucé (VIIIe siècle) remplace un autel voué aux anciens dieux (autel paré d'une aura de sorcellerie dans les légendes), par la Croix des Prières sur le Mont Margantin. De là, naîtront le "petit tour" et le "grand tour", les lundi de Pentecôte, qui se faisaient les pieds nus en chantant et en transportant le bras -châsse contenant un doigt du saint - à tremper plus ou moins selon la pluie attendue. Seul le "petit tour" (18 km) a subsisté au XXe, renaissant après une période d'abandon sous une forme raccourcie.

Déjà, Adélaïde, femme d'Hugues Capet avait fait cherché à développer le culte des Saints Ermites du Passais.
Aliénor d'Aquitaine, d'abord comme reine de France puis comme souveraine anglo-normande, et après elle sa fille, Marie de Champagne vont poursuivre. St Fraimbault est élevé "sur le même piédestal que Saint Denis" (Molina Réjane, abrégé de la vie de saint Frambourg, Senlis, fondation Cziffra, 1983).
Les monarques anglo-normands, Henri Plantagenêt et son épouse Aliénor amenèrent avec eux à Domfront leur cour de lettrés et leurs troubadours : "racontées par les clercs normands, Guillaume Wace, Gautier Map, Chrétien de Troyes et de nombreux anonymes formés à l'ombre du clocher des abbayes normandes, les histoires qui prolifèrent à cette époque, rassemblant traditions des celtes de Gaule, d'Armorique et récits hagiographiques. vont perdurer, soigneusement entretenues, à la gloire de leur commanditaire puissant."(Lancelot du Lac, héros des passages - Georges Bertin. Société de Mythologie Française Val d’Aoste. 27-29 Août 1996.)

Le Passais connut bien des heures sombres (à suivre...)

Au VIIe siècle, sous l'influence des abbayes, les défrichements semblent se faire dans des vallées au sol fertile qui comportent nombre de ruines anciennes.(Sion, p. 125). Défrichements premiers ou restitutions d'un ancien domaine agricole ?

« la localisation des ermitages et des abbayes est instructive. Leurs emplacements coïncident avec ceux des plus grandes masses forestières. » (Musset, p. 233).