Le Gâtinais (en construction)

une autre région de recherche : ses origines

la Vallouise

 

L'origine du nom

 

 

 

Etymologie:
Pagus vastinensis

 

Quelle est la bonne signification : vaste ou dévasté ?

Pagus pour pays, mais que signifie vastinensis ? C'est un mot qui a la même racine que vaste, avait-il ce sens premier ? Il peut aussi signifier dévasté... 

 

Le Gâtinais n'est pas une structure administrative. C'est un pays et une multitude de "climats". Actuellement, il est à cheval sur plusieurs départements (Seine-et-Marne (77), Yonne (89), Loiret (45), Essonne (91). Il s'étale au coeur de trois régions : Ile-de-France, Bourgogne, Centre. Autrefois, selon certains historiens, il englobait une vaste surface des portes de la Champagne et de la Bourgogne aux confins de Chartres...

Autrefois d'après Dom Morin (mort en 1630)

"…le mot Vuastinois ou Gastinois vient du mot de Vastum large & estendu, parce que du temps des Romains, & de Jules Cesar qui se plaisoit au Gastinois, il avoit une bien plus longue & vaste estendüe qu'il n'a pas a present, il estoit presque tout couvert de bois & pasturages, qui aboutissoient a la Champagne d'un costé, & de l'autre au païs du Mans, traversant toute la Beausse: ou bien parce que le païs estoit vaste & sablonneux..."

Qui est Dom Morin ?
Un abbé de Ferrières
qui dépeint son pays,
ce qu'on racontait...

"...Lupus abbé de Ferrieres remarque, que de son temps le Gastinois estoit entierement planté en bois, & pour cette cause on a dit que Ferrieres, a prins son nom des forges de fer, qui sont ordinairement dans les bois, comme la ville de Nemours à Nemore. Montargis mesme qui est ès confins du Gastinois a esté environné de bois, comme il l'est encore a present d'un costé : tous ces bois & forests joint le bon air, causé par le territoire sec & sablonneux du païs, y ont attiré autrefois les anciens Druides: & maintenant les Rois & plusieurs Gentilshommes pour le plaisir de la chasse, y ont fait bastir de belles maisons & chasteaux de plaisance."

Pourquoi ce pays est-il connu ?

Tiens, il passe le miel sous silence...

"Les fruicts et denrees principales qui se transportent ès autres Provinces du Gastinois, consistent en bonnes huiles de noix, en saffran excellent, que l'on tient pour le meilleur de l'Europe, qui croist au territoire de Boüennes, & est singulièrement estimé des Allemans qui en font grand trafic ; le poisson aussi s'y trouve tres-excellent & en abondance a cause de la multitude de ses fleuves & estangs, & est ordinairement choisi pour la table du Roy ; quant aux autres fruicts du pays, ils ne sont autrement exquis pour le trafic."
Il le décrit tel quel au début du XVIIe siècle "Le païs ainsi diversifié de bois, de rivieres, de plaines & de montagnes, est fort sain & agreable, qui est cause qu'il est grandement peuplé, & voit-on que ceux qui y habitent vivent ordinairement en une longue santé, & meurent pleins d'annees, en une honorable vieillesse, plus qu'en aucune Region de France. Ce qui a excité nos Rois, de faire construire des lieux de plaisance en ce païs pour y habiter : aussi la plus belle & Royale maison qui soit en l'Europe, scavoir Fontainebleau, est bastie en cette Province."

 

Ce pays fut couloir et chemin d'invasion pour les peuples venant de l'Est. Selon l'époque, il a existé des voies de communications liées à l'histoire, aux besoins du moment. Voies d'eau ? Les terrifiants Vikings les ont empruntées. Ou chemins ? Les forêts trop profondes, on les contournaient, on les évitaient pour ne pas s'y perdre, trop périlleuses, on ne voit pas bien loin, à moins d'être chasseur et de connaitre ses sentiers. Sans indice, comme la flèche des clochers, les premiers repères sont les cours d'eau, ou les hauteurs, pour s'orienter.

 

Remontons le temps...

Suivons la rivière, elle nous mènera à un gué (plus tard à un pont). Ou à un cours d'eau plus gros qui descend forcément à la mer tout au bout. Qui dit eau, dit habitations et donc à manger ! Habitations, villages s'entendent avec des champs, des cultures.

 

Alors,
quelle est la bonne signification :
vaste ou dévasté ?
Les bois foisonnent sur tout ce terroir (forte densité de forêt jusqu'au XIIe). Qu'y trouve-t-on ? Gibier et baies sauvages me répondrez-vous, en fait surtout frontière : une forêt n'est pas cet atout touristique d'aujourd'hui. Forêt mangée par le défrichage, par une colonisation humaine que révèlait la culture qui s'ensuivait. Mais certains sols ne sont pas assez bons, trop de roches ou trop d'eau. Ou certains sols sont délaissés parce que ravagés. Le pays se construit, ou se reconstruit, d'abord sur les meilleures terres ou les plus faciles, celles qui demandent le moins de travail. Alors la forêt reprend ces droits. Ce qu'on appelle une gâtine, c'est une terre inculte faite de bruyères, de sable et de rochers, ces jeunes arbustes, ces coins clairsemés qui réensemencent les abords de la forêt qui s'étend. Pagus vastinensis : vastinensis, mot latin qui a donné Gâtinais.

 

L' Hurepoix du "Gastinois"

 

 

La sterilité du païs est suppleee par le foecondité prochaine de l'Hurepois que Papirius Masson en sa description de la France par les fleuves, appelle Uriapiorum foelix Regio, Region d'Hurepois heureuse a cause qu'il abonde en toutes sortes de commoditez pour la vie de l'homme.

Dans son "Histoire du Gastinois et Hurepoix", Dom Morin décrit un autre Hurepoix du Gâtinais non connu des géographes. C'est un mouchoir de poche qui correspond à peu près au canton de Lorrez-le-Bocage actuel (77). Au Nord, ce terroir va de Dormelles, en suivant le cours de l'Orvanne jusqu'à la limite à l'Est entre l'Yonne et la Seine-et-Marne, avant Vallery et Chéroy. La limite sud est aux environs d'Egreville, et semble s'arrêter sur l'ancien Chemin de César (voie qui allait de Sens à Orléans).

Hurepois : ce mot serait la traduction que les Germains ont donné à une image. Image qui évoquerait la toison du sanglier : les épis dressés sur leur tige habillaient la terre comme cette toison hérissée... Un hurpoix ou hurepoix est un terme qui a le sens de terres cultivées, larges. Pour les Francs qui connaissaient des forêts profondes, une large plaine ou un grand plateau bordé de bois où joue le vent dans les épis de blés mûrs devait être une image saisissante. Toujours d'actualité, chaque année. On peut comprendre cette émotion.

Depuis bien longtemps ce pays était habité

Néolithique

Bien avant de s'appeler Hurepoix, bien avant les romains et même les celtes, ce pays fut habité ou traversé.

Tout proche au nord, citons le site connu de Pincevent : un peuple de chasseurs venant du sud suivait les troupeaux de rennes. Le très beau musée de la Préhistoire de Nemours, restitue cette histoire et cette longue période. A chaque promenade dans la région, la terre livre des traces de ces anciens habitants saisonniers, jusqu'à ce qu'ils s'y installent. Les outils de taille (hache, percuteur, pointe de flèche,...) sont abondants. dans le sol, le silex est présent en couches plus ou moins épaisses dans la marne. D'ailleurs, la chaille (rognons de silex) est toujours exploitée dans des carrières actuellement. En vallée du Lunain, les très nombreux polissoirs aux stries profondes ou aux surfaces lissées sont là pour témoigner de ce passage régulier, durable, d'actifs artisans. Et aussi d'une hydrographie ou d'un niveau des eaux différent de celui connu de nos jours. Tout simplement parce qu'un polissoir sert avec du sable et de l'eau à éroder et polir le silex taillé. Donc l'eau devait être toute proche.

D'autres traces d'hommes sont présentes, hommes qui ont vécu ou sont passés sur ce territoire : les pierres dressées, les monuments mégalithiques qui avaient leur fonction sinon pourquoi dépenser une telle énergie pour les installer. Là encore, la vallée du Lunain en a conservé certains, beaucoup ont disparu. Dolmens disparus, ou menhirs encore fichés en terre sont des témoins. .

Période celtique et gallo-romaine

Les ferriers, résidus des bas-fourneaux que faisaient fonctionner d'habiles artisans, sont présents un peu partout sur ce territoire. Mais avec le temps, ces tas étendus se sont arrondis, sont devenus presque plats, se sont fait oubliés. Ils sont recouverts de bois aujourd'hui ou font partie de champs alentour. Lors de la guerre de 14-18, ces résidus encore riches en fer sont envoyés chez Wendel pour en extraire encore du fer.

De vieux ponts permettent le passage de gués et donnent idée des cheminements.

Les anciennes voies gallo-romaines (Sens-Orléans appelé chemin de César aujourd'hui)

D'anciens domaines ou des villas perdues dans les bois ou sous les champs. Ces vicus n'ont pas toujours fait l'objet de fouilles ou ne sont même pas sauvegardés mais ils dénotent la présence d'habitants.

Francs-Mérovingiens

 

An mille